Dimanche 20 Mai 2012

« Si vous lisez ces lignes, cela signifie que vous participez à la TRANSVESUBIENNE ce dimanche, et vous porterez le dossard n° 792 !!!
Vous êtes avertis de l'ampleur des difficultés physiques, techniques et logistiques que vous devrez affronter, des dangers auxquels vous aurez à faire face. En contre partie, vous devinez la jubilation de franchir la ligne d'arrivée après ce concentré d'aventure humaine (surtout si vous êtes dans les temps)...
Merci par avance de prendre connaissance de ce Memo, cela vous aidera. Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir pour cette 19ème TRANSVESUBIENNE. »

C'est par ces quelques lignes que débute un mail reçu quelques jours avant la Transvésubienne, histoire de bien nous mettre en condition pour cette épreuve. Mais avant d'évoquer cette journée du 29 mai 2011 remontons un peu dans le temps...
C'est il y a deux ans lors d'une rando en Chartreuse, que Pascal commença à planter la graine de folie qui lentement va germer. « Ce serait superbe que l'on fasse dans deux ans tous ensemble la TransV, Christophe ce sera pour tes 40 ans et JJ pour tes 55... ». La TransV même si à l'époque je ne savais pas trop ce que c'était, je n'ignorais pas que c'était une épreuve de VTT hors du commun, un truc un peu dingue. Pascal venait de la faire et de la terminer, mais au sein du club on connait tous ses qualités sportives et de descendeur, c'était un truc pour des gars comme lui mais pour nous faut pas rêver. D'autant que lors de cette rando en Chartreuse, donc avec un peu de dénivelé, il a filé comme une fusée on ne l'a plus revu après le premier ravito !
Il y a un an c'est Mathieu qui s'est lancé dans l'aventure toujours avec Pascal. Si Pascal a terminé l'épreuve, confirmant s'il le fallait encore ses qualités de VTTiste accompli, par contre Mathieu a du s'arrêter au deux tiers du parcours au niveau d'une barrière horaire. Ah oui parce qu'au départ je l'ignorai, mais la TransV c'est aussi une course de VTT, avec 3 barrières horaires, le tout n'est pas d'arriver à Nice, mais d'y arriver dans un temps maximum. Moi qui croyais que c'était une rando...
Mathieu est également un de nos meilleurs VTTtistes et un excellent descendeur, de plus il est jeune. Si il est arrivé hors temps, c'est que vraiment il faut être hors du commun. Il nous a décrit à plusieurs reprises l'épreuve, ses dangers, ses contraintes, les portages en montée, en descente, les chutes, les blessés... Il ne souhaite plus alors la refaire. Que des trucs à me confirmer que ce genre d'épreuve ce n'était vraiment pas pour moi. L'effort physique, un parcours type marathon ne me faisaient pas peur, mais les descentes en VTT en montagne m'effrayaient. Je me disais que je n'avais pas le niveau technique nécessaire et qu'à mon âge (qui approche l'âge de la sagesse), je ne pourrai plus acquérir le niveau requis.
Donc à ce moment là pour moi la TransV est un truc de fou fait pour les autres.
Que s'est-il passé début 2011? Voilà que Christophe est très motivé pour se lancer dans l'aventure, à tel point qu'il a su convaincre Mathieu de se réengager, Pascal naturellement est de la partie, et se joint à eux David. Après un petit temps de réflexion, car on me met la pression en disant qu'au bout de quelques heures après le début des inscriptions, tout est complet, je m'inscris un peu forcé. Je ne vais tout de même pas laisser mes copains partir tout seul et ainsi m'écarter d'une telle aventure. De plus lors de l'inscription on a la possibilité de prendre une assurance annulation. Je m'inscris donc en me laissant un délai supplémentaire pour vraiment m'engager, sinon il suffira d'annuler dans les délais.
Début janvier étant inscrit, mais toujours pas sûr d'y aller, je fais tout pour mettre le maximum de chances de réussite de mon côté, si jamais au final on y allait.
Donc plan d'entraînement le plus rationnel possible, régime alimentaire (objectif perdre 5 kg) et investissement dans un vélo plus typé descentes. Le régime alimentaire avait un double objectif : perdre du poids et là , tous les gars qui font du vélo comprennent pourquoi, mais pour moi cet objectif devait aussi me permettre de vérifier ma résistance psychologique. Si je n'arrivais pas psychologiquement à tenir cet objectif, alors que je suis un gourmand, c'est que je n'avais pas le mental nécessaire pour réussir la TransV donc autant ne pas y aller.
Côté entraînement on essaie de faire ça le plus « scientifiquement » possible. Finies les sorties du dimanche matin où on se tire la bourre : on commence par du foncier. J'ai ressorti mon vieux fréquence cardiomètre que j'avais acheté pour me préparer à mon premier marathon (en course à pied et c'était alors pour mes 49 ans). Mais je l'abandonne vite, ça marche quand ça veut, même en me rasant les poils du torse et je vous dis pas les irritations.
Toujours côté préparation physique, la sortie du dimanche ne suffit pas, donc dans la semaine au moins 2 jours supplémentaires d'activités sportives, qui alternent entre aller au boulot en vélo (2x35Km), courir, ou aller à la piscine à la pose du midi.
Le 22 janvier accompagné de mon conseiller technique on se retrouve chez notre vélociste pour acheter mon nouveau VTT typé allÂmountain, débattement de 140. Après avoir lu plusieurs tests comparatifs, le choix final doit se faire entre le Specialized StumpJumper et le Lapierre Zesty.
Au final se sera le SPE. Dès le lendemain nous le testons sur nos sentiers habituels. Certes ce n'est pas des descentes extrêmes, mais les premières sensations sont bonnes, reste à affiner les réglages et s'habituer au pilotage de cette nouvelle machine.
Prochain investissement : une tige de selle télescopique. Pour certains cet accessoire peu sembler superflu, pour ma part il me semble indispensable pour cette épreuve et d'ailleurs fortement conseillé par les organisateurs.
Un autre objectif de préparation avant l'engagement définitif, était de faire une reconnaissance partielle du parcours, pour se faire une idée un peu plus précise, car on peut lire et voir tellement de choses sur la TransV. Les récits relatent souvent les chutes, les accidents et les blessés. Beaucoup de récits parlent des rondes d'hélicoptères pour récupérer des concourants et direction les urgences...
Tous ces récits sont tellement effrayants qu'à la fin je renonce à en lire.
La reco du 14 mai.
Nous voilà donc sur le terrain de la Transvésubienne. Eh bien on n'est pas déçu côté décor. Nice est connue pour sa plage, la promenade des Anglais et la baie des Anges, mais moins pour son arrière-pays qui est on ne peu plus montagnard.
La Vésubie est un affluent du Vars, et du lit de ces rivières, ce ne sont que pentes abruptes quand ce ne sont pas des falaises. Certes c'est un paysage très minéral avec ses villages perchés souvent sur des crêtes rocheuses effrayantes mais d'une beauté exceptionnelle. Pour notre part on continue à se demander par où ils peuvent faire passer près de 1000 VTTtistes dans ce cahot minéral ?
Muni de cartes IGN, de traces GPS du parcours de l'année dernière, on se rend à Levens avec l'intention de suivre pendant 30Km le parcours, puis revenir par la route à notre point de départ. D'entrée de jeu ça grimpe, mais pas tout de suite de portage, un peu de roulant, les premières descentes pas très techniques mais toujours piègeuses. Au bout d'une dizaine de kilomètres, Christophe fait une chute dans une zone pas très dangereuse mais qui nous forcera à abandonner la reconnaissance pour cause de cintre cassé. On essaye sans succès de trouver à proximité de quoi réparer. Il ne nous reste plus qu'à faire la longue mais magnifique route Napoléon pour retourner à la maison !![]()
A défaut d'avoir pu rouler un peu ce samedi et surtout pour ne pas rester sur une mauvaise impression, on se donne rendez vous dimanche à la rando d'Artas. Dimanche, Benoit (le fils de Jean-Jacques) nous accompagne, fatale erreur pour nous et notre égo. Ce gamin va nous humilier alors que le moral n'est déjà pas au top. Alors que nous avons près de 3000Km d'entraînement et lui peut être 150, que nous sommes équipés de vélos dernier cri et typés "all montain", lui, avec mon vieux VTT semi rigide avec une fourche HS, nous a mis minables dans les montées et en descente ! Putain de WE !!
Dans les objectifs que je m'étais fixés afin de me préparer, j'avais envisagé également une journée ou une demi journée d'école de descente. Malheureusement les semaines passent et je n'ai toujours pas pu concrétiser ce souhait. Comme pour toutes les épreuves engagées qui se préparent de longue date, plus on approche du jour J, plus on se met à douter. Donc le WE avant la TransV il me faut absolument m'évaluer encore une fois dans une descente un peu engagée, j'ai besoin d'être rassuré. D'autant que si j'ai fait beaucoup de vélo pour m'entraîner j'ai surtout fait de la route du coup j'ai peu de Km de VTT.
Je recherche donc à proximité de l'Isle d'Abeau une rando, de préférence en montagne. Notre choix avec Christophe se porte sur la rando La Malpassante à Méry, entre Aix les bains et Chambéry. Sur le site internet on peut y lire « Le 35 est sportif avec environ 1000 mètres de dénivelé et s'adresse aux personnes qui font du VTT très régulièrement, il y a aussi des descentes techniques. Quant au 45 kilomètres, il est vraiment très difficile, très technique et du dénivelé. Très très rares sont ceux qui le font en moins de 3 heures. » Le 45 devrait répondre à nos attentes. De fait le gros du dénivelé (plus de 1000m) est concentré sur moins de 20 Km et la descente moins technique que ce que l'on pensait, fut très rapide, le tout dans un cadre magnifique sous la croix du Nivolet avec vue plongeante sur le lac du Bourget. On n'avait pas prévenu Benoit de peur d'une nouvelle humiliation.
Après cette dernière journée de vélo me voilà un peu rassuré, la semaine qui va suivre c'est repos complet.
Ca y est on est en route vers La Colmiane. C'est de la station de La Colmiane (de l'occitan alpin la Cuòla miana, la montagne moyenne, c'est à  dire la montagne située entre Vésubie et Tinée), située dans le Mercantour à près de 1500m que sera donné le départ demain matin.
Arrivée sur place, retrait des plaques et dossards, marquage des vélos. On retrouve Yannick et Pascal sur place et ensemble en attendant le briefing de la course on se rend au pied de la première montée.
Nous écoutons religieusement les derniers conseils de Pascal le seul d'entre nous qui a déjà vécu cette épreuve.
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On est en plein briefing, il y a beaucoup de monde, plutôt des jeunes, par rapport à moi bien sur, tous bien affûtés. On voit un peu de tout en monture, du vélo d'enduro au semi rigide, tous bien bichonnés. Demain on partira en trois vagues de 300 personnes environ, espacées de 15 minutes. Je fais partie de la dernière vague dit des « explorers ». Ne peuvent prétendre à la deuxième vague des « Challenger » que ceux qui ont déjà goûté à la TransV. La première dite des « Performer » étant réservée à l'élite : ceux qui courent pour un podium, sachant que mon objectif est d'être « finisher ».
Mon rêve devrais-je dire, car mon objectif serait plutôt, ne pas me blesser. Durant le briefing on apprend rien de vraiment nouveau, on a déjà eu les infos en lisant et relisant le règlement et le mémo qui nous a été envoyé, mais rien n'est également fait pour me rassurer. J'ai bien retenu qu'il fallait arriver au pont du Cros relativement frais car nous y attendent près de 600m de dénivelé non stop, principalement en portage. On aura alors plus de 40km dans les jambes pour un total de 85. Et surtout c'est à partir du pont du Cros sur la Vésubie qu'il faudra surveiller le chrono. En effet, c'est la première barrière horaire des trois prévues qui risque de nous mettre hors course.
Ah si, on apprend qu'à Nice on va rouler dans le lit du Paillon et que l'on traversera plusieurs fois le cours d'eau pour terminer dans un tunnel et enfin déboucher au niveau de la mer avec de l'eau jusqu'aux genoux ! Ils sont joueurs dans le sud...
Nous voilà rassemblés autour de la ligne de départ, on appelle les premiers concourants à prendre place. Le départ sera donné au haut d'une petite piste de ski avec quelques virages imposés par des filets puis la première montée : +200m des 3300m positifs, histoire de calmer un peu tous ce monde, et surtout d'étirer le peloton avant les premiers singletracks et les longues descentes. Il y aura au total près de 4000m de descentes.
Me voilà derrière la ligne de départ à côté de David, dossard 795 et un peu en retrait de Christophe, dossard 725. Avec Christophe on a convenu de rouler ensemble, David à d'autres ambitions et surtout les moyens de les réaliser même si sa monture n'est pas vraiment adaptée au terrain.
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Coup de fusil : c'est le départ, premier objectif : ne pas tomber et rejoindre Christophe.

Autre objectif : en garder sous la pédale, ne surtout pas d'emblée se mettre dans le rouge. Il y a un premier passage où il faut pousser le vélo, mais globalement la montée de la piste de ski se fait bien.
A mi-pente je retrouve Christophe, on est parti pour rouler ensemble. Après un premier replat, une petite descente, nous voilà obligés de nous arrêter pour une crevaison, le seul incident mécanique de la course. De fait, ce n'est même pas une crevaison, c'est la valve de la chambre à air qui n'avait pas été resserrée. Je m'en veux d'avoir fait cette bêtise ce matin lorsque j'ai contrôlé la pression avant le départ. C'est toujours énervant de se voir re-dépassé aussi bêtement par des concurrents. D'autant qu'ensuite on va se trouver piégé dans le flux des cyclistes dans un sentier étroit où c'est même pas la peine de penser à dépasser.
Les types de sentiers alternent, montées et descentes s'enchaînent, les paysages grandioses se dévoilent et les premières chutes nous rappellent à la vigilance. C'est assez impressionnant quand on voit un VTTtiste escalader la montagne abrupte pour tenter de retrouver le sentier !
Enfin le premier ravitaillement, tout de suite après la première descente technique digne de ce nom.

Quelques instants plus tard le fameux passage du Brec d'Utelle où tout le monde du premier au dernier est obligé de porter son vélo c'est les images qui illustrent le plus souvent cette épreuve mythique. L'hélico nous survole mais se n'est pas les secours, c'est la caméra qui cherche à immortaliser ce moment. Après ce passage et une nouvelle descente engagée, que je préfère faire à pied. On arrive au dessus du magnifique village d'Utelle. En face de nous se dresse La Madone d'Utelle, lieu du deuxième ravitaillement. Au loin on distingue une file ininterrompue de concurrents portant leur vélo et serpentant à l'assaut du sommet.
Le soleil est déjà bien chaud on est au km 30, depuis la Madone on a une descente de 1000m pour atteindre le pont de Cros. Christophe me dit qu'il est cuit. Au début je ne le crois pas et pense qu'il dit ça pour que je n'ai pas d'état d'âme à le laisser afin que je puisse passer la première barrière horaire. Je l'encourage et l'attend dans les premiers mètres de la descente, il insiste pour que je ne l'attende plus. Je réalise qu'effectivement il convient de ne plus trop tarder pour passer avant 13h30 le pont de Cros, pour ma part je suis physiquement encore en bon état et « la mort dans l'âme » abandonne à son sort mon coéquipier de toujours.
La descente très engagée dans les premiers mètres, devient plus abordable par la suite, mais surtout pas s'emballer, éviter à tout prix la chute, ne pas se blesser...
Par moment, je me mets volontairement à marcher dans les descentes, histoire de reprendre mes esprits. A un moment, je glisse de la roue avant et me retrouve à quatre pattes dans le sens de la pente. Rien de méchant, mais un avertissement d'autant que ce n'était pas dans un endroit très difficile, il n'y a pas à tricher il faut rester constamment vigilant la moindre erreur peut se payer cash et cher.
Enfin, j'arrive sur la route du Pont de Cros content d'y retrouver Fabrice notre président qui dès le début de notre folle aventure s'est proposé de nous accompagner pour assurer la logistique et l'assistance. Merci Fabrice pour ce service. Sache que pour nous, engagés dans cette épreuve, savoir qu'à tout moment tu pouvais nous apporter assistance était d'un grand réconfort. Dans la voiture on avait pratiquement un vélo de remplacement en pièces ainsi qu'une réserve de nourriture et de boissons.
Je passe la première porte à 15 minutes avant la mise hors course.
Physiquement je suis encore bien, du moins je le crois. De fait, lorsque j'attaque la montée vers Levens en poussant et ou portant mon vélo je sens les premières crampes qui vont me rappeler régulièrement à leur souvenir jusqu'à la fin.
J'arrive enfin dans la portion que nous avions reconnu avec Christophe il y a 15 jours. Si alors, on avait pu monter pratiquement tout sur le vélo, aujourd'hui c'est différent...
Maintenant sur mon compteur je n'affiche plus les kilomètres mais l'heure. En effet il faut à tout prix éviter la mise hors course. Je me force à ne pas rester dans le faux rythme de ceux qui me précèdent et commence un combat contre le temps qui passe.
A 2 minutes avant la mise hors course, je passe la deuxième barrière horaire. Pascal, Christophe et Fabrice m'attendaient au troisième ravitaillement. Ils m'ont encouragé et pendant que je me restaurais, ils m'ont fait le plein d'eau, ambiance grand prix de formule 1, sympa les gars !!
Me voilà reparti plus que jamais à courir derrière le chrono, situation fort désagréable. Je suis partagé par la volonté de tout faire pour terminer et par moment, je me dis que se serait bien de se faire bloquer à la dernière barrière horaire.
Le long du chemin je croise de plus en plus de personnes arrêtées à l'ombre, la bouche grande ouverte à chercher à reprendre leur souffle et un peu de force. Je suis un gars devant moi qui n'hésite pas à les interpeller et les encourager à repartir, ça ne marche pas souvent.
Ce putain de chrono qui n'arrête pas, les crampes qui reviennent, que faire. Je prends la décision de m'arrêter quelques secondes : perdre un peu de temps pour en gagner ensuite...
De fait je passe la dernière barrière à 8 minutes avant la mise hors course, le gars m'encourage « maintenant tu peux mettre le temps que tu veux »...C'est sympa mais c'est pas gagné loin de là .
Au quatrième et dernier ravitaillement je retrouve mon fan club qui me félicite déjà et continue à m'encourager, ça fait chaud au coeur. Après avoir pris le temps de manger un peu, je repars. Mais la réalité des difficultés de la dernière montée me font vite redescendre sur terre, de nouveau les crampes...
Enfin le sommet de la dernière montée et une vue splendide sur Nice et la côte. Le début de la descente est très technique. Vu mon état de fraîcheur et mes compétences en descente, je me dis que se serait vraiment trop con de se blesser maintenant si près du but, alors j'assure et descend en poussant mon vélo.
Un peu plus bas je remonte sur ma machine que je commence à remercier pour les services rendus. Je pense qu'une ou deux fois, la qualité de la fourche et du vélo m'ont permis de corriger des erreurs de pilotage qui auraient pu être fatales. Pour le moment j'apprécie le sentier qui serpente dans la végétation dense. Après une deuxième glissade de la roue avant je me retrouve couché sur le côté avec d'un coup des crampes violentes, un peu d'égratignures sur le genoux, rien de méchant, je repars...
Les kilomètres semblent de plus en plus longs d'autant que l'on passe encore des difficultés : par moment il faut monter des marches aussi hautes que soi !
Enfin, me voilà dans la rivière du Paillon, à la traverser plusieurs fois. Au début c'est ludique, à la fin un peu moins. Mais la proximité de la fin fait vite oublier le reste.
Je quitte le lit du Paillon, mais bientôt plus de balisage, heureusement un organisateur me donne les indications pour rejoindre l'arrivée où m'attendent David (également finisher comme Yannick),
Effectivement au moment où l'on me colle sur la plaque de vélo la petite étiquette « Finisher » c'est comme annoncé : « .../... la jubilation de franchir la ligne d'arrivée après ce concentré d'aventure humaine ».
Au final je n'ai jamais été certain d'y arriver, et Pascal avait parfaitement raison de dire que c'est une épreuve où il faut savoir rester humble. Je rajouterai, y compris une fois que l'on est « finisher » car pour réussir il faut beaucoup d'ingrédients : condition physique, maîtriser un minimum les techniques de descente, disposer d'un matériel adapté, une force mentale et de la chance.
Si j'étais conscient que ce serait dur de terminer, je n'aurais jamais imaginé terminer sur un podium. Hé bien, sachez que dans ma catégorie je suis arrivé deuxième et 509ème au classement général, plus de 5h45 après le premier.
J'ai naturellement une pensée pour tous ceux qui n'ont pas eu de retour sur leur investissement. Il y a eu 525 personnes classées pour près de 1000 inscrits.
Mais pour les gars du club, ils ont tous un âge qui leur permettra de renouveler l'expérience. Pour ma part je pense que c'est ma dernière folie sportive de ce genre. Merci à Pascal pour ses conseils, merci à Fabrice pour sa contribution, et surtout merci à Christophe sans qui et pour plusieurs raisons, jamais je n'aurais pu vivre une telle expérience.
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Toujours quelques douleurs musculaires, La Colmiane, Andrion, Le Brec d'Utelle, Utelle, la Madone d'Utelle, Pont de Cros , Levens, Plan d'Ariou, Aspremont , des noms auxquels je peux maintenant raccrocher des souvenirs.
Et que vive le sport rien que pour le fun !
Merci aux organisateurs de proposer de tels événements.
Au delà de l'exploit sportif, la TransV. est un moment de convivialité à partager sans modération entre amis.