Il est 6h15 ce mercredi matin et nous partons avec Jackie, le Lyonnais fou, à l’assaut de 1400 km de randonnée comprenant le circuit de 1000 km du BRM (brevet des randonneurs mondiaux) de Troyes.
Le temps s’annonce clément, on n’a, à priori, rien oublié, les sacs à dos sont pleins de glucose, zou, on y va.
On commence par traverser le sud de la Bourgogne jusqu’à Nevers, nos seules spectatrices sont les vaches charollaises qui peuplent les prés au bord de la route. Pas grand-chose à signaler sur ce début de parcours, les relais s’effectuent très correctement, pas de problème au niveau matériel, les quelques côtes sont avalées sans coup férir. Cette partie nous sert de relais pour rejoindre le véritable parcours du BRM. Cela se fait à Neung sur Beuvron
(Si si, ça existe). C’est le premier point de contrôle nous concernant et comme nous arrivons aux alentours de minuit, la règle est de poster une carte postale à cet endroit étant donné que l’on ne peut pas faire pointer chez un commerçant notre carton de route. Bon, ça, c’est fait. C’est le moment de dormir un peu après 380km, on s’étend (à distance respectable) dans un abri bus pour 4h30 de sommeil un peu agité par les voitures plus nombreuses que prévu.
Réveil à 5h et en route pour la deuxième journée. Petit dej à La Marolle en Sologne, le parcours reste plat pour le moment. Nous remplissons consciencieusement nos bidons aux robinets de cimetières qui jalonnent la route, il fait chaud et on n’est pas habitué. Jackie donne des signes de fatigue et on ne roule plus de concert, nos rythmes sont trop différents. Je pars devant et je l’attends plus loin. J’ai essayé de pratiquer une alimentation liquide depuis le départ avec Overs’tim 640, Malto, Hydrixir, mais ça ne me convient pas trop, j’ai besoin de solide. J’essaie de prendre une collation tous les 100 km (sandwich + bananes + boisson genre coca). On rejoint provins avec beaucoup de petites bosses casses pates comme je ne les aime pas, et on se retrouve avec Jackie pour aller pointer à et casser la croûte. Une assiette kebab en l’occurrence et une pression… Tiens donc…On termine la journée en rejoignant Châlons en Champagne.
Il est 1h du mat, on n’a fait que 300km et on va dormir au bord d’un champ de colza. Journée mitigée, j’ai eu des difficultés pour monter les côtes et on a subit la présence de pas mal de camions.
On est réveillé par un chevreuil vers 6h du mat ! En route pour la Côte d’Or. On roule chacun de notre côté et on s’attend à Neufchateau. Entre temps, j’ai roulé au bord du canal de la Marne au Rhin, sympa comme tout. Je traverse des villages aux noms improbables qui t’informent de la présence d’un musée de la sorcellerie, de la pince à linge, de l’espadrille… J’en passe et des meilleurs.
On passe à Côtés de Langres, perchée sur son promontoire avec ses fortifications. A voir. Comme le Jackie n’est pas au mieux, on décide qu’il n’ira pas jusqu’à Tonnerre pour effectuer le dernier pointage, j’emporterai sa carte et le ferai à sa place. Pour cela, il faut que je sois à Vitteaux au petit matin et me voila parti pour traverser l’Auxois et ses p.tains de collines que je ne connaissais pas et ses p.tains de descentes dans le noir. Même si j’ai un excellent éclairage, c’est pas le top. Ras le bol de cette journée, encore trop de camions, beaucoup de dénivelé pas justifié, mais j’ai bien roulé (337 km), j’ai traversé St Broing les moines (Si vous connaissez quelqu’un qui s’appelle Broing, faites moi signe…).
Je redémarre pour Tonnerre à 6h30, je fais donc un aller retour et je rejoins Jackie à Pouilly en Auxois, on se prend un sandwich et je fais un dodo de 30mn pendant qu’il continue à rouler. On se rejoint à Chalon à 20h avant d’aborder la fin de la randonnée. Je me reprends une assiette kebab. On restera ensemble jusqu’à Champagne, sur un rythme pas élevé du tout, que l’on atteindra à 5h45 du mat. On aura donc mis 4 jours pour faire 1400 bornes
On est tout pourris, la barbe de 4 jours, des odeurs pas catholiques, on ne séduira personne aujourd’hui (quand il a plu, c’est bien pire).
C’était intéressant pour valider certains choix alimentaires, le parcours fait 200km de moins que les 1001 miglia que je dois faire mi aout avec beaucoup moins de dénivelé. Par contre, je crois que je ne vais pas persévérer dans cette façon de faire du vélo, il y a trop d’impondérables et de danger lié à la circulation nocturne. D’ailleurs Jackie renonce à faire les 1001 miglia.
Je me fais encore Paris Best Paris l’an prochain et je me tourne vers la montagne. Par contre, je ferai peut-être de la rando avec sacs ou remorque, c’est tellement agréable de découvrir des coins sympas (ça ne manque pas) avec lenteur et décontraction.